Médicaments pédiatriques : la proposition de loi de Marie Récalde votée - 13 mai 2026

Victoire ! Travaillée avec l’association Eva pour la vie et la fédération Grandir Sans Cancer, la proposition de loi portée par Marie Récalde pour accélérer le développement de traitements contre les cancers et maladies rares de l’enfant, par le biais d'un fonds d'investissement d'environ 50 millions d'euros par an a été adoptée à l’Assemblée Nationale. Si la quasi-totalité de la classe politique, de l'ensemble de la gauche à la droite républicaine en passant par les centristes, ont salué l'initiative, l'ensemble des députés RN s’y sont opposés, d'une façon inhumaine.


Pourquoi une telle proposition de loi ?

Marie Récalde, députée socialiste de Gironde, a porté cette proposition de loi en constatant qu’il existe un « angle mort » majeur de la recherche pharmaceutique : les cancers et maladies graves de l’enfant étant beaucoup moins attractifs économiquement pour l’industrie que les maladies de l'adulte, le nombre de traitements développé pour eux est faible. Le constat à l’origine du texte est le suivant :

  • Avec 500 décès d'enfants par an en France, les cancers pédiatriques sont la première cause de décès par maladie chez les enfants en France
  • Certains cancers de l’enfant ont encore des pronostics très mauvais ;
  • Les enfants reçoivent souvent des traitements conçus d’abord pour les adultes, avec des effets secondaires lourds : 2 enfants sur 3 auront des séquelles liés aux traitements, souvent à vie, soit bien plus que la maladie elle-même.
  • Ces problématiques sont constatées d'une façon similaire sur d'autres maladies rares et graves de l'enfant


Un fonds d'investissement inédit de 50M€/an pour sauver des vies d’enfants

La loi crée un dispositif de financement avant-gardiste : un fonds d'investissement géré par BPI France, alimenté par une contribution de 0,10 % sur le C.A des laboratoires pharmaceutiques, pour développer des start-ups du médicament contre les cancers, maladies rares et orphelines de l’enfant.

Avec un secteur représentant 73,3 milliards d'euros en 2023, ce mécanisme pérenne permettra de lever plus de 50M€/an pour financer des entreprises françaises développant des solutions thérapeutiques pédiatriques innovantes, sans menacer la compétitivité d'une industrie aux marges importantes. Ce dispositif public vise à assurer un effet levier : pouvant être complété par des apports privés, il participera à la réindustrialisation de la France dans le secteur de la santé.


Une victoire pour les parents d’enfants gravement malades et les médecins, l'inhumanité du groupe RN

Les députés ont adopté à une large majorité la proposition de loi (n°1909) portée par la députée socialiste Marie Recalde, qui instaure un programme de soutien à l'innovation thérapeutique contre les cancers, les maladies rares et orphelines de l'enfant (98 voix pour, 22 contre). Si les députés Socialistes, écologistes, communistes, LFI, Républicains, MODEM, Renaissance et Horizons ont voté ce texte d’une seule voix, les 22 députés RN s’y sont opposés, sans proposer d’alternative nouvelle.

Pourtant, ce texte innovant à l’échelle européenne apporte une réponse humaine, économiquement cohérente et même, patriote puisqu'il favorisera le développement de start-ups du médicament pédiatrique "made in France", afin que des découvertes issues des travaux de nos chercheurs (qui bénéficient, en ce qui concerne l’oncologie pédiatrique, d’un financement public dédié de l’Etat depuis quelques années) soient utilisées sur notre sol.

Ces nouveaux traitements pourront augmenter les chances de guérison de ces enfants jusque-là considérés comme « non rentables » par les grands industriels du médicament. Certains d’entre eux auront sans doute, par la suite, un impact plus large, y compris chez l’adulte.

 

Ultime étape cruciale : le Sénat

Le texte doit maintenant être examiné au Sénat. Eva pour la vie et Grandir Sans Cancer appellent les sénateurs, qui ont été nombreux à être sensibilisés par le biais d'un colloque cancer spédiatriques en octobre dernier, organisé par le sénateur du Var Michel Bonnus, à confirmer ces avancées vitales, et restera pleinement mobilisée.

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