Lymphomes de l'enfant : avancées - 30 juin 2021

Chez les enfants de moins de 15 ans, les lymphomes sont la 3ième cause de cancer chez l’enfant après les leucémies et les tumeurs cérébrales. Eva pour la vie a apporté une aide de 50000€ à l'équipe du Dr Fabienne Meggetto (INSERM /CRCT) de Toulouse pour mieux comprendre les plus aggressifs d'entre eux. Les résultats et perspectives sont encourageants.
La synthèse des travaux et des résultats, par le Dr Fabienne Meggetto

Le lymphome est un cancer qui affecte les cellules du système immunitaire, c’est-à-dire les lymphocytes. Le lymphome se divise en deux grandes catégories : le lymphome hodgkinien et le lymphome non hodgkinien. Chez les enfants de moins de 15 ans, le plus fréquent des lymphomes est de type non-Hodgkiniens. Ces derniers sont la 3ième cause de cancer chez l’enfant après les leucémies et les tumeurs cérébrales.

Le lymphome anaplasique à grandes cellules sont des non-Hodgkiniens périphériques (en dehors du thymus) agressif qui affecte les lymphocytes T. Ce lymphome T représente 15% des non-Hodgkiniens chez les enfants et les jeunes adultes ce qui en font les lymphomes pédiatriques les plus fréquents.

Chez les enfants, 90% des lymphomes anaplasiques à grandes cellules sont associés à une translocation chromosomique qui se traduit par l’expression d’une protéine anormale, NPM-ALK. Le traitement de référence des lymphomes anaplasiques pédiatriques est une polychimiothérapie. Bien que ces lymphomes T soient relativement sensibles à la chimiothérapie, environ 30% des jeunes patients rechutes précocement et ces rechutes sont toujours de mauvais pronostic. La recherche de biomarqueurs de rechutes précoces est donc primordiale pour ce cancer pédiatrique. Notre objectif principal est donc d’identifier des biomarqueurs associés à un échec / une résistance au traitement des lymphomes anaplasiques à grandes cellules pédiatriques associés à l’oncogène NPM-ALKt.

Grâce au financement obtenus auprès de l’association Eva Pour la vie, nous avons réalisé, pour la première fois, le séquençage profond de tous les ARNs (codant et non codant dont les circARN) de 20 patients résistant et 20 patients sensibles à la chimiothérapie. Les analyses bio-informatiques de ces données nous ont permis d’identifier une signature d’ARN circulaire non codant associée à la chimiorésistance des LAGC ALK(+). Certains d’entre eux sont issus de la translocation NPM-ALK et sont de ce fait spécifiques des cellules tumorales.

Les biopsies liquides mini-invasives sont associées à des évaluations plus faciles et fréquentes avec moins de morbidité par rapport aux biopsies conventionnelles. Il existe donc une tendance croissante à explorer l'utilisation de biomarqueurs circulants appropriés pour la biopsie liquide. Les ARN circulaires sont des biomarqueurs très stables qui peuvent être détectés efficacement dans les fluides corporels ou dans les cellules circulantes, afin de permettre un diagnostic précoce, une sélection de thérapie appropriée, un pronostic précis et une surveillance thérapeutique fréquente des cancers.

Notre objectif est donc maintenant de déterminer si les ARN circulaires que nous avons identifiés peuvent être utilisés au travers d’un test sanguin comme biomarqueurs pronostiques / prédictifs de la résistance au traitement des lymphomes anaplasiques NPM-ALK(+) de l’enfant.
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